| |
|
home > mais où est donc passée la 7e compagnie? > l'histoire [ Cliquez
sur les liens hypertextes pour les 50 sons disponibles pour cet épisode
] Nous sommes en mai 1940, et donc durant la période de l'histoire communément appelée "la seconde guerre mondiale". L'armée allemande attaque sur tous les fronts et oblige les Alliés (qui ne sont pas encore très nombreux à ce moment-là...) à se replier tant et plus. Ainsi, la septième compagnie du 106e régiment de transmission se voit-elle contrainte de se réfugier dans les bois. Son chef, le capitaine Dumont (en crypté: Eglantine), demande alors des ordres au colonel Blanchet, basé au Lion d'or à Courchères (en crypté: Mirabelle). Les instructions sont simples: rester là jusqu'à la nuit. Le capitaine Dumont est malgré tout un militaire de devoir, et décide d'envoyer trois hommes surveiller les environs, afin de faire part du moindre mouvement de troupe. C'est le sergent-chef Louis Chaudard qui est dépêché, avec deux de ses hommes, les soldats Tassin et Pithivier. Ils emportent un téléphone (pour Pithivier), un FM (pour Tassin) et de la bouffe pour trois (pour les trois). Pendant ce temps, le colonel Blanchet décroche sur Sarreville.
Nos trois valeureux guerriers sont arrivés à un endroit stratégique, en haut de la colline: un cimetière. Il est 8h50 et tout est calme, ils peuvent donc casser la croûte. Pithivier, assis sur la tombe de l'ancien maire, téléphone à Carlier pour dire que tout est OK. Malheureusement, la communication est à peine terminée que le câble, découvert par les Allemands, est sectionné. La septième compagnie est faite prisonnière, sans ses trois plus valeureux guerriers heureusement... Ceux-ci, ne se doutant de rien, déjeûnent allégrement en lisant leur courrier:
Ce que nos trois héros ne savent pas, c'est que leur compagnie est déjà prévenue, celle-ci venant d'être encerclée et capturée par le commandant d'infanterie Von Kurtel...
Les trois rescapés décident de se réfugier provisoirement dans la forêt (nous apprendrons par la suite qu'il s'agit de la forêt de Machecoul). Sur la route, Pithivier tombe pour la première fois (ce détail aura de l'importance par la suite) et amoche sa godasse droite. Il est maintenant 11h50 (ils ont quand même bien marché...). Préoccupation première de l'homme qui s'emmerde: "Il va y avoir aussi la question de trouver à manger, chef". Le but est donc clair: trouver des autochtones. Pithivier veut abandonner son téléphone en chemin ("y'a plus de fil, et puis téléphoner à qui?"), mais Chaudard lui fait bien comprendre que ça ne se fait pas d'abandonner du matériel militaire en temps de guerre... Enfin, ils rencontrent un fermier du coin qui les emmène dans son char. C'est durant ce calme intermède que l'on apprend certaines choses sur la vie de nos héros:
Le soir tombe
et Chaudard en profite pour montrer ses photos à ses deux acolytes (on
peut supposer qu'il les a reçues ce matin avec les comptes de sa quincaillerie).
Pithivier fait remarquer que Madame Chaudard, qui est prénommée Paulette,
fait très distingué ("son
père était instituteur, alors forcément..."). Contrairement à son
supérieur direct qui est indépendant, Tassin est payé à la tête (ou expliqué
plus simplement par Pithivier:"p'us qu'tu tues, p'us
qu'tu gagnes"), et doit être rentré pour 23h.
Il doit de plus mettre des patins, ce qui démontre que sa soeur est une
femme d'intérieur. Nous pouvons ici faire un
tableau comparatif avec la femme de Pithivier, qui est elle une femme
d'extérieur:
La nuit tombe, nos héros vont enfin goûter à un repos bien mérité...
Chaudard et Tassin s'éveille, mais Pithivier a disparu. L'inquiétude est à son comble, ils se séparent pour partir à sa recherche... Il était simplement en train de prendre un bain dans le lac voisin, et Tassin ne se fait pas trop prier pour le rejoindre, non sans glisser en rentrant dans l'eau (ce détail aura de l'importance par la suite). Chaudard les trouve à son tour. Dialogue:
Vous l'aurez compris, Chaudard a glissé sur la boue et est tombé dans l'eau tout habillé. Il va lui falloir deux heures pour sécher tout ça (il est optimiste, Chaudard...). Maintenant qu'il est mouillé, les deux autres insistent pour que leur sergent-chef préféré les rejoigne dans l'eau: "Un p'tit bain pour le chef, un p'tit bain pour le chef, ..." Louis "Greg Louganis" Chaudard n'est pas le premier venu, et en profite pour faire une démonstration de plongeon devant les yeux éberlués de ses soldats, également soufflés devant l'aisance avec laquelle Louis "Aleksandr Popov" Chaudard comble à la nage les quelques mètres qui les sépare du rivage. Devant l'admiration qu'il suscite auprès de ses hommes ("qu'est-ce que vous nagez bien, chef"), il ne peut s'empêcher de leur apprendre sa technique de nage (la main en sifflet et vers l'extérieur), directement héritée des plus grands champions, et en passe de révolutionner le monde de la natation. Surpris dans ses ébats aquatiques par le vol incessant des avions allemands, Chaudard se voit contraint de cacher en permanence ses vêtements (vous pensez bien que des vêtements militaires (donc brun-kaki), c'est vachement repérable à 2000 mètres de haut...). Pithivier et Tassin, partis poser des collets (puisque ça grouille de lapins), reviennent avec des pissenlits, en ayant manqué le ballet aérien qui se déroulait au-dessus de leur tête: un chasseur français s'est fait abattre par un allemand après en avoir dégommé un.
Pithivier, après avoir longuement réfléchi à la situation, est arrivé à la conclusion suivante: "Dites, chef, militairement causant, p'us qu'on va vers le sud, vu que la guerre n'est pas finie comme vous avez dit, p'us qu'on va vers le sud, moins qu'on fait face, pas vrai Tassin? Tandis que, dans le cas que la situation se retournerait, supposition, on serait comme un poste avancé, voyez chef, et pour l'instant que la situation est pas encore retournée, on est comme une espèce d'épine que les boches auraient dans les fesses, hein Tassin?". Ce à quoi Chaudard a répliqué: "Dites donc, les gars, vous croyez pas que..." Ils décident de se remettre en route (même si les habits de Chaudard ne sont pas encore secs), mais Pithivier, qui a décidément l'esprit très vif en ce moment, se rend compte qu'il n'est pas concevable de marcher sans chaussures et tombe pour la troisième fois, en prenant bien soin de démolir la semelle de sa chaussure droite. Pithivier immobilisé, c'est Tassin qui va aller à la recherche de vivres et de quoi réparer la chaussure. La maison découverte par Tassin est malheureusement inoccupée pendant la journée, mais il y avait un chien (Piram) et de la soupe sur le feu. C'est Chaudard qui va y retourner au soir.
Le soir donc, le lieutenant Duvauchel est déjà présent chez les fermiers, dont Germaine, la belle-fille (donc la femme de Julien, le fils de la maison), qui a manifestement du mal à résister à son charme dévastateur. Je vous entend déjà demander: mais qui donc est le lieutenant Duvauchel? Eh bien c'est le pilote du chasseur français qui s'est fait abattre ce matin et qui a réussi miraculeusement à s'en sortir. Pour abattre le premier, c'était facile, puisqu'il était au-dessus et l'autre en-dessous. Par contre, pour le deuxième, c'était le contraire... Pendant ce temps, Tassin et Pithivier sont partis relever les collets, ce a quoi Pithivier croit bon d'ajouter: "ça, c'est de la chasse, hein". Revenons cependant à Chaudard qui est maintenant dans la maison et qui s'entretient avec la fermière:
C'est à ce moment que le lieutenant Duvauchel surgit hors de sa cachette (où il s'était réfugié à l'arrivée de Chaudard), et tout d'un coup Chaudard se sent moins bien. Il a un peu la gorge nouée, on se demande pourquoi. "Ils ne demandent qu'à se battre, vos hommes?" "... Pensez..."
C'est ici que débute l'épopée de nos trois guerriers, sous la houlette d'un officier motivé qui est également le fils du directeur de la SUMF (Société des Ustensiles Ménagers Français). Cette société, fondée par son père et dont il en sera le directeur en rentrant de la guerre, est en fait la maison-mère de la boutique de Chaudard... De retour au campement où étaient encore les deux autres, quelle ne fut pas la surprise de ces derniers de voir que leur chef avait ramené un autre chef, encore plus chef... Le lapin, capturé au collet, est en train de rôtir et sera prêt dans 10 minutes ("c'est le moment c'est l'instant, préparez les épices "), le temps de prendre un verre. Pendant ce temps, Carlier, qui s'était évadé du camp où la septième compagnie était retenue prisonnière, descend vers Montenville à l'aide d'un vélo sans frein prêté par le curé. Revenons cependant à nos héros, parmi lesquels Pithivier qui ne tarde pas à profiter de la nouvelle autorité qui le dirige pour obtenir l'autorisation de se débarasser de son téléphone, devenu inutile "malgré c'qu'y en a qui disent, des chefs". Alors que
nos valeureux guerriers remplissent leurs gourdes dans une cour de ferme,
une dépanneuse de char allemand apparaît, ce qui les oblige à se cacher.
Pithivier, dissimulé derrière une pile de caisses "Le Goallec", glisse
("j'ai glissé, chef"), ce qui provoque une
fusillade à laquelle ne survivront pas les allemands. Il suffit maintenant
de résoudre l'équation suivante:
Ils s'emparent donc de la dépanneuse dans le but d'abandonner les Allemands dans les bois. Cependant, un side-car allemand parti chercher de l'aide pour dépanner une voiture les invite à le suivre. Le chauffeur de la voiture réclame à Pithivier une "Schraufschlüssel". Après avoir tenté de nier l'affaire, ce dernier tend timidement une clé anglaise, ce à quoi il s'entend répondre "Danke schön". Bravo Pithivier, tu viens de sauver la situation! La dépanneuse reprend sa route, et Pithivier et Tassin tentent de comprendre le fonctionnement du canon ("On ne sait jamais"). Moment choisi:
Après ces péripéties, nos hommes ont faim, et se mettent en quête de nourriture. Chaudard trouve bien une petite buvette-épicerie, mais le propriétaire franchouillard, plus collabo que patriote, n'a pas l'air très enclin à ravitailler les troupes nationales, préférant offrir deux bouteilles de rosé à des soldats de la Wermacht. Qu'importe, c'est avec la dépanneuse qu'on reviendra quémander des vivres! Pithivier, plus vrai que nature en soldat allemand, s'en charge. Morceaux choisis:
Nos militaires se sont arrêtés pour casser la croûte, est c'est alors que Carlier, sur son vélo sans frein, déboule sur la dépanneuse et se plante en beauté. Grandes retrouvailles, joie, allégresse, ...exploits héroïques ("la querre, p'tit, on la fait ou on la fait pas"). Carlier, visiblement impressionné par tant de bravoure (alors qu'on les prenait pour des pantouflards), les assure de son confinement: "Soyez tranquille, quand on se battra, je ferai bien attention de pas vous gêner". Réponse de Pithivier: "Ah oui, faudra pas nous gêner, passque..."
Le repas étant terminé, ils se remettent en route, et débouchent sur une départementale avec des civils en exode escortés par des Allemands. Louis "Mère Thérésa" Chaudard ne peut s'empêcher de faire parler son grand coeur et offre des victuailles à une famille dont la petite fille avait faim ("Je suis baba auzi, moi"). Tassin est enfin récompensé de ses efforts et parvient à faire marcher le canon. L'obus atterrit sur la voiture du colonel Blanchet, vide heureusement... La dépanneuse poursuit sa route, et à un carrefour, Carlier, trop impétueux, se prend une balle de soldats allemands déguisés en gendarmes français. Tassin les liquide au FM (pour rappel, il travaille dans un abattoir...), mais Carlier est mal en point, il faut trouver un toubib... Leur ami placé dans un hôpital, Louis "Che Guevarra" Chaudard fait le serment suivant: "Y vont nous payer ça, les boches, c'est moi qui vous le dit!" En route et pas de quartier! La dépanneuse arrive dans une clairière où sont postés des Allemands et leurs trois chars, qui accueillent joyeusement nos héros (qui sont Français et qui ont un peu la trouille, donc qui passent leur chemin). C'est alors que Tassin fait remarquer: "Alors, chef, ils vont nous payer ça quand, les boches?". Il n'en fallait pas plus pour faire bouillonner le sang de nos tueurs sanguinaires, bien décidés à dégommer l'ennemi. Malheureusement, le canon est bloqué, et Duvauchel va devoir effectuer de nombreuses manoeuvres devant les yeux d'Allemands sceptiques avant d'ajuster parfaitement un des chars: "Un peu plus par là... un peu plus par là... un peu par là... ça y est! Feu! Faut attendre un peu..." [ Boum ].
Vengeance est faite, ils reprennent la route et dépassent sur un petit chemin de campagne la septième compagnie, et parviennent à faire fuir leurs copains incrédules dans les bois, pendant que l'officier allemand explique au capitaine Dumont: "Soldats Allemands chez vous, soldats Français chez nous!". Le capitaine, en se retournant, n'aperçoit plus ses hommes (puisqu'ils sont dans le bois) et s'écrie: "Mais où est donc passée la septième compagnie?". C'est évidemment la porte ouverte vers le prochain épisode...
Ce
site a été entièrement conçu et documenté
de 1998 à 2002 par seb.
Merci de respecter le travail de l'auteur. |
|||||