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A l'époque où les armées allemandes s'éloignent imprudemment de Berlin pour gagner nos plages méditerranéennes, capturant dans la foulée la septième compagnie de transmission, trois soldats de cette bouillante unité, zigzaguant à l'aveuglette entre nos arrières et leurs avants, se sont emparés, involontairement, d'un Panzer Abschleppwagen, en Français dépanneuse de char. Dès lors, avec un courage pondéré, ils vont tenter d'échapper à la tenaille, situation délicate plus connue dans les hauts états-majors sous le nom de "prise en sandwich".


Le fil rouge sur le bouton rouge

Nous retrouvons donc la septième compagnie dans les bois, où le capitaine Dumont s'entretient avec un de ses hommes:

Pendant ce temps, le colonel Blanchet, cherchant à téléphoner à son supérieur, s'est réfugié dans la Pharmacie (première classe) de Léon Chamailleur. Il tente de joindre la poste de Rochenville: Le général l'a également sommé de faire sauter le pont sur la Trioule, après que le colonel se soit bien assuré auprès du pharmacien que l'édifice était toujours en place: "oui, la mère Crouzy est venue chercher de la farine de moutarde ce matin, et elle habite de l'autre côté du pont". Léon Chamailleur glisse tout de même un conseil à Blanchet:
  • Un conseil, pour le pont, vous faites pas voir surtout
  • Evidemment, je ne vais pas le faire sous le nez des Allemands
  • Je ne vous parle pas des Allemands, je vous parle de la mère Crouzy. Elle habite juste à côté du pont. Si vous le faites sauter, elle est obligée de faire un détour de 8 km pour venir au village!
Le colonel doit donc se procurer des explosifs, ce qu'il fait assez vite ("pour un pont courant, entre le viaduc et la passerelle, quoi"). Les instructions sont claires: "le fil vert sur le bouton vert, le fil rouge sur le bouton rouge" et s'éloigner d'au moins 100 pas...

Nos héros, pendant ce temps, ont retrouvé leur compagnie et n'hésitent pas à vanter leurs exploits auprès de leurs camarades épatés. Morceau choisi:

  • Pithivier: "Le lieutenant, c'est un type formidable, hein Tassin. En tout cas, moi, j'vais vous dire un truc les gars, avec le lieutenant, j'irais n'importe où...
  • Chaudard: "Ca tombe bien, on repart"
  • Pithivier: "Comment ca on repart?"
  • Chaudard: "On reprend la dépanneuse, et on va ouvrir le chemin aux gars de la septième"
  • Les soldats: "waaaoooowww"
Le dialogue continue, sans les soldats:

Ils se décident à sortir du bois, mais y rentrent aussitôt à la vue d'un convoi allemand. A la question d'un soldat de savoir pourquoi ils n'attaquaient pas, la réponse fuse: pas échauffés! Ils n'auraient pas dû s'arrêter, ou alors pour manger.
Nous apprenons dans l'intervalle qu'Antoine doit réparer la roue du moulin de la mère Crouzy.


La terrible mère Crouzy

Le colonel Blanchet a quant à lui déjà installé la charge d'explosifs sur le pont, et compte ses pas: "96, 97, 98, 99, 100...(moment d'arrêt)...101!" Le convoi d'Allemands passe sur le pont, c'est donc le bon moment pour le faire sauter. Il ouvre le déclencheur... et aperçoit un bouton bleu et un blanc! Il branche le fil vert sur le bouton blanc et le rouge sur le bleu, mais rien ne marche... Il se dépêche alors d'inverser les connections, car une dépanneuse de chars arrive à son tour sur le pont... Vous avez deviné la suite, le pont explose alors que nos vaillants guerriers étaient dessus (Tassin: "on nous a bombardé par en-dessous, chef" - Pithivier: "si j'connaissais l'con qui a fait sauter l'pont...").


Groupir

Il faut donc maintenant réparer. Le lieutenant aperçoit sur l'autre rive un camion plein de caisses, et quelque chose ressemblant à une barre à mine serait le bienvenu. Le sergent-chef Chaudard, qui est pourtant "champion de natation", prend le FM pour couvrir ses deux hommes qui vont effectuer la traversée. "C'est pas chaud, chaud, hein Tassin?" fait remarquer Pithivier à propos de l'eau.
Les caisses sont remplies de barres de direction, mais il faudrait que Chaudard leur apporte des outils pour pouvoir les ouvrir: "le marteau, les tenailles et la grosse clé anglaise qui est au fond de la boîte à outils dans la dépanneuse". "Mais non, mais non, j'vais pas traverser pour ça, j'vais vous les lancer". Tel un champion olympique qu'il aurait pu être, Chaudard lance le marteau vers Pithivier. Plouf. "Ca, c'est con". "Si vous devez faire pareil avec les tenailles et la grosse clé anglaise, vaudrait mieux... " "Oui, ça va, ça va, ça va..."Chaudard, la tenaille dans une main et la clé anglaise dans l'autre, se décide alors à plonger. Trop chargé, il n'arrive pas à se redresser et effectue quelques figures de natation synchronisée avant de réapparaître à bout de souffle.

Arrivés sur la berge, des Allemands débarquent et capturent Duvauchel, alors que les trois autres font du sous-l'eau... "Mais d'où ça vient, ce courant, chef?" Eh bien ça vient de la roue à eau de la mère Crouzy, entre les palmes de laquelle ils se retrouvent coincés après avoir dérivé quelque peu. N'ayant plus rien à leur donner comme vêtements (ceux de feu père Crouzy ont déjà été pris), les voilà obligés de s'affubler d'uniformes de l'Etat-major abandonnés là par trois officiers. Pithivier, faisant remarquer qu'il sera colonel alors que son chef ne sera que commandant, se fait reprendre à l'ordre: "ça fait, ça fait que les grades doivent être respectés, un point c'est tout".


Quand Paulette saura que je suis devenu colonel...

Bien évidemment, ils se font arrêter et se retrouvent dans une camionnette allemande. Chaudard se voit offrit une cigarette par un officier allemand, ce à quoi il répond d'un air soutenu "certes". Arrivés au camp de détention, Pithivier fait remarquer "de ce côté-ci, chef, les Allemands ont l'air plus gentils que ce côté-là", en faisant référence au fait que les officiers sont beaucoup mieux traités que les simples soldats.

La confirmation en est que les officiers ont droit à des patates pour manger, au lieu de l'espèce de soupe nauséabonde et peu ragoûtante. Tout ceci arrange bien nos néo-officiers, même si Tassin a quelques difficultés à se rappeler de son grade...("Commandant, pas capitaine")


Tu crois qu'on aura des patates?


Toutefois, les soldats tentent de quémander quelques patates, ce qui fait tiquer Chaudard, qui aime bien ses patates... Un lieutenant présent n'hésite pas, lui, et offre une patate à un deuxième classe. "Des exemples, voilà plus que jamais ce que nous devons être, des exemples!" Chaudard comprend la leçon et commence à se sentir de plus en plus dans la peau d'un vrai colonel. Tassin, lui, veut offrir une patate à Chaudard, ce à quoi Pithivier doit dire: "T'as rien compris, l'exemple, c'est quand le plus chef donne au moins chef, pas le contraire, hein chef..."

Ils sont alors emmenés dans un château pour y passer la nuit, mais par terre par manque de place. Le lendemain, tous les prisonniers se rencontrent dans le parc du château, et le général Palaton, un peu sénile, croit reconnaître un vieil ami en la personne de Chaudard: "Ohhh, Rambineau!". Le général Bricart, lui, remarque quand même que Chaudard porte les insignes de l'artillerie, et pas de la transmission... La réplique tarde à venir, et Chaudard est sauvé par le gong, les Allemands interrompant cette petite discussion pour montrer à tous le corps sans vie d'un officier français ayant tué une sentinelle allemande pour tenter de s'évader. Il s'agit du Lieutenant (vous savez, celui qui avait offert sa patate, pour l'exemple), et Chaudard en est tout ému...

Un nouvel "arrivage" de soldats français se présente alors au château, dans lequel figure le capitaine Dumont, qui a tôt fait de rendre leur véritable identité à nos trois lascars. Un officier, persuadé du côté héroïque de nos hommes, s'entretient alors avec Dumont:

L'armée allemande autorise alors la réquisition de viande sur pieds dans les fermes environnantes, pour les repas des prisonniers. Pithivier et Tassin (qui tue des boeufs à l'abattoir de Nice, souvenez-vous) s'y collent. Commentaire du capitaine Dumont: "On n'a pas fini de manger des sardines..."
Le soldat affecté à leur garde ("le fritz") n'est pas très fûté, et n'a qu'un mot en bouche: "Groupir, il faut reste groupir". Tassin pense là avoir appris un nouveau mot ("moi comprire").


Tassin et son nouveau pote le fritz

Arrivés à une ferme, Tassin se fait embobiner par une femme qui visiblement n'est pas insensible à son charme (là, faudra quand même qu'on m'explique...). Quoi qu'il en soit, elle lui remet le plan d'un passage secret pour sortir du château ("pas pour s'évader, pour aller coucher chez elle"). Il est con, Tassin... Sur le chemin du retour, les vaches s'éparpillent dans les bois, et je ne sais pas si vous avez déjà tenté d'arrêter une vache qui court, mais ça doit pas être très simple... Toujours est-il qu'une d'elles s'est embourbée et Tassin, Pithivier et le fritz tentent de la récupérer. Le fritz (très con aussi...) a prêté son fusil à Pithivier qui, on ne sait trop comment, a tiré et a dégommé la vache ("Parti tout seul... Nous pas les mêmes, nous Lebel... Parti tout seul").


Nous pas les mêmes, nous Lebel... Parti tout seul...

Château vieux

Nous sommes maintenant le soir, et tout le monde va dormir, sauf Pithivier, qui mijote de sortir, et Tassin qui doit l'aider (Tassin trouve que la femme lui fait penser à sa soeur, alors c'est Pithivier qui y va). Pour cela, ils doivent sortir par les tapis qui sont accrochés à l'entre-sol, l'entrée du passage secret se trouvant là. Ils y parviennent en descendant de leur dortoir, prétextant la chaleur ("là haut, trop chaud") et en se cachant derrière leurs paillasses.
Pendant ce temps, le capitaine Dumont joue aux échecs avec un officier allemand dans une pièce apparemment peu insonorisée, puisqu'on y entend les bruits provoqués par Pithivier qui s'est perdu dans le souterrain... L'officier se demandant quoi, Dumont n'a qu'une réponse: "Château vieux!"

Chaudard, quant à lui, décide d'aller voir ce qui se passe et demande aussi à Tassin de l'aider. Tassin continue donc à attendre bêtement à l'entre-sols avec ses paillasses, ce qui intrigue le garde allemand: "Vous ave trop chaud ou vous ave trop froid?"
Chaudard trouve donc la sortie du passage secret avant Pithivier et tombe sur la mégère qu'il a vite fait de remballer... Il retourne sur ses pas, trouve Pithivier et décide d'organiser une évasion massive. Nous assistons donc à un défilé de paillasses devant les yeux éberlués des Allemands qui se demandent quoi, alors que Pithivier joue aux guides touristiques ("Par ici messieurs", "Attention aux marches", "On attend les ordres", etc). Arrivés non sans bruit (souvenez-vous qu'on entend tout dans le château) au bout du souterrain, Chaudard et Pithivier partent en éclaireur au dehors, Tassin étant chargé d'empêcher les futurs ex-évadés de sortir. Le capitaine Dumont avait vu juste ("En éclaireur, ils sont perdus"), car Tassin veut refermer la porte menant dehors et vlan, le plafond s'écroule! Pithivier fait remarquer à Chaudard que "c'est pas de sa faute, chef, il ferme la porte, la forêt s'écroule".

Voici donc nos héros à nouveau libres. Arrivés à la ferme bien connue, ils piquent le side-car d'Allemands que notre affreuse de service avait gentiment invités et foncent, passent sur un pont (vous imaginez la suite...). "Si j'connaissais l'con qui a fait sauter l'pont", ressasse Pithivier, étendu sur son lit de l'hôpital Nazareth.
Leur imagination étant sans limite, ils s'évadent déguisés en infirmiers, mais sont vite repris. Extrait :

Selon Tassin, "c'est déjà mieux que l'autre fois, chef, parce que là on est repris mais on n'a pas sauté."


Tant pis, on tamponne

Voici maintenant nos lascars embrigadés pour aller réparer une ligne de chemin de fer qui a explosé près de Marignolles. Un nouveau plan est aussitôt élaboré: le train va à Paris, donc il faut prendre le train pour s'évader. Pithivier ne veut pas en être, prétextant qu' "en trois évasions, on a tout juste été libres un quart d'heure". Il a une appréhension, non pas d'être repris, "ça je sais bien qu'on sera repris, mais plutôt ce qui va arriver avant qu'on nous reprenne".
Puisqu'il ne part pas, il va tout de même les aider à s'évader, en simulant une crampe. Dès que ses deux acolytes ont grimpé sur le train, il s'arrête subitement de crier.
Le train démarre donc, et Pithivier, voyant qu'un soldat monte dans la locomotive, décide d'aller prévenir le chef du danger qu'il court. Pour ce faire, il s'échappe on se demande toujours comment du groupe de prisonniers et grimpe sur les wagons. "Si j'connaissais l'con qui a fait sauter la voie. C'que j'en ai marre, mais c'que j'en ai marre, hein." Il parvient à rejoindre le tender où sont dissimulés Chaudard et Tassin ("ça y est chef, on est encore évadés") et , en glissant, précipite la sentinelle dans le vide. Tassin s'empare de sa mitrailleuse et ils remontent tous se dissimuler dans le charbon. Tassin pousse alors un cheminot dans le vide, et l'autre se jette de lui-même tout en donnant l'alerte.

Pithivier se charge du pilotage ("Papa était chauffeur de locomotive, il m'emmenait souvent avec lui"). En cherchant les différentes manettes, il trouve divers trucs ("ben oui, mais j'étais petit, hein" - "Non, c'est pas ça. Ca, c'était touche pas à ça p'tit con"). Le voyage se poursuit :

Plus de temps à perdre, il faut décrocher le convoi. Tassin s'en charge, mais reste du mauvais côté... Il faut donc ralentir afin de le récupérer. Malheureusement, "le wagon où est Tassin, il est bourré d'explosifs". Chaudard dit alors "On peut pas le laisser sur les tampons. Tant pis, on tamponne!"
Plus de peur que de mal, Tassin est récupéré, et l'épopée peut se poursuivre. Enfin, presque car Pithivier, maladroit, laisse échapper la pelle à charbon et celle-ci se retrouve dans le four. Le reste du train, plus lourd, les rattrappe donc, ce qui promet une belle explosion. Boum! C'est le pont sur lequel ils venaient de passer qui explose, anéantissant tous les wagons. Pithivier change alors quelque peu sa ritournelle: "Si j'connaissais l'type qui a fait sauter le pont, je l'embrasserais!"

La locomotive poursuit son chemin et passe devant la septième compagnie qui n'en finit plus d'être surprise par les exploits répétés de ses sous-fifres... Suite au prochain épisode!


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